« You » – ou voyage dans l’esprit d’un fou amoureux

On a digéré les toasts au saumon, le foie gras et la traditionnelle soupe de tripes de porcs de mamie et on a bien profité du début d’année pour larviser devant NetFlix. Du coup, obéissants, on a regardé la nouveauté qu’on nous a suggéré, la série « You ». Alors, c’était bien ou pas ?

Only You

You est une série américaine sortie en septembre 2018 sur les ondes hertziennes de ShowTime, puis sur NetFlix en décembre dernier. La série est inspirée du roman « Parfaite », de Caroline Kepnes, que je n’ai pas lu – vous pensez bien, puisque le seul livre qui trône (si j’ose dire) sur ma bibliothèque est « Comment chier dans les bois« . 

De toute façon, pourquoi lire quand on a la télé ? Lol.

En parlant de lecture, laissez moi vous expliquer le fondement de la série. Nous suivons – de près, beaucoup trop près – Joe, un petit libraire New Yorkais, qui développe des sentiments « étranges » pour la jeune Guinevere (version ricaine de Guenièvre, comme la reine dans Kaamelott : voilà, je vous ai ruiné la série !) Beck, une étudiante qui cherche à explorer une future vocation d’auteur.

Et quand Joe tombe amoureux, il ne fait pas semblant, le bougre. En fait, ce joli-cœur en puissance va entreprendre de l’espionner copieusement à travers les réseaux sociaux et dans la rue, jusqu’à chez elle, pour la regarder de loin, en plein ébat avec son copain camé, par exemple. Un peu envahissant, le garçon, quand même.

Envahissant : le mot est faible. Armé d’un sens de la manipulation sur-aigu, la série va alors développer la manière dont Joe va s’immiscer dans la vie de la jeune femme pour évincer la concurrence et décrocher, peut-être, son cœur pour la vie. Comme c’est romantique.

Sauf qu’en fait : non. C’est absolument pas romantique, puisque la série explore les thèmes de la violence envers les enfants, du meurtre, du mensonge, des dérives de la technologie qui permettent à toutes sortes de psychopathes de vous connaître et de vous manipuler et, plus globalement, de la psychose, le tout sur un rythme entraînant, qui donne envie d’enchaîner assez rapidement les 10 épisodes de cette première saison. En effet, chaque épisode se termine par une révélation ou un retournement de situation plutôt bien géré, qui donne toujours matière à alimenter la compréhension du délire malsain du personnage de Joe.

Si elle est agréable à suivre et qu’elle nous maintient en mode suspens, on est finalement soulagé que la série compte dix épisodes, car ce genre de concept peut s’essouffler assez rapidement. Ah, on me glisse dans mon oreillette qu’une seconde saison a été commandée face au carton de la série. Honnêtement, la série aurait pu s’arrêter là, et je prédis même que la seconde saison sera moins bonne que la première. Et ouais, je suis comme ça, je prends grave des risques.

Ce que j’ai bien aimé, particulièrement, c’est l’utilisation et l’intégration des réseaux sociaux, qui pourrait faire prendre conscience à pas mal de monde que nos données sont loin d’être privées et que n’importe quel type, sans être un hacker, peut en apprendre beaucoup sur quiconque a tendance à s’étaler un peu trop sur la toile. La série fait ça avec une grande simplicité, ce qui rend la démarche banale, tout en faisant ressortir la froideur et la dangerosité de la technologie, quand elle est mal employée.

Par contre, étant un thriller qui se base sur un drame sentimental, la série ne nous épargne pas des clichés atroces et crispants des conventions du « dating » à l’américaine, avec ses embrouilles à base de « on avait pas dit que notre relation était exclusive » et autres conneries que l’on voit un peu partout et qui rendent la notion de couple beaucoup plus complexe qu’elle ne devrait l’être parce que « le scénario » (comprenez par là que c’est un moyen de créer de l’intrigue et du drame sans trop se fouler). En gros, ça ressemble à Riverdale par cet aspect, mais sans doute parce que ce sont les mêmes créateurs.

Dans les trucs « un peu gros », on notera une nette tendance pour le personnage principal féminin « Beck » à se masturber un peu trop fort, en pleine lumière, pile face à la fenêtre sans rideaux, au premier étage devant la rue bien éclairée, afin que tous les psychopathes qui veulent la posséder par tous les moyens puissent bien voir et se palucher sauvagement comme de gros malpropres dans la rue. C’est débile et ça fait un peu sortir de l’univers de la série… Et, si vous regardez la série, vous remarquerez deux-trois trucs comme ça, qui nous font dire que, décidément, on est quand même des gens normaux qui faisons les choses avec un minimum de sens commun. Enfin, moi, en tout cas.

Parce que, sur internet, il y a des gens bizarres qui manquent cruellement de sens commun, sachez plusieurs femmes ont envoyé des messages à l’acteur qui joue Joe, le psychopathe, en lui déclarant de vrais mots d’amours avec des demandes de kidnapping assorties. L’acteur a, bien entendu, rappelé que LE PERSONNAGE DE Joe était un homme violent, cruel et désaxé et qu’aucune personne ne devrait avoir comme référence de l’homme parfait ce genre de mec, même s’il a une belle gueule et qu’il est intelligent.

Dans tous les cas, je vous recommande You. C’était plutôt cool.

J’ai aussi regardé ça :

La dernière saison des Désastreuses Aventures des Orphélins Baudelaire, de Barney Stinson.

Avec son identité visuelle particulière, la dernière saison apporte toutes les réponses aux mystères qui ont jalonné les malheurs des orphelins. L’humour, le ton, les costumes, le casting, les personnages, les messages délivrés par la série sur les thèmes de la soumission à l’autorité, l’importance de l’éducation et sur l’indifférence dont souffrent les enfants ont tous contribué à faire de cette série une joie à regarder.

 

Comment c’est loin, de Orelsan.

J’ai mis le temps, mais je l’ai enfin vu. Comment c’est loin raconte l’histoire de deux rappeurs, losers éternels, procrastinateurs invincibles, branleurs irréductibles qui se voient confrontés à un ultimatum de la part de leurs producteurs. Ils ont quelques heures pour enfin finir une chanson, après plusieurs années de blocage. Un film honnête avec une pure sensation « Indy », qui nous gratifie de quelques chansons des Casseurs Flowteurs et d’un humour bien senti et qui a enfanté le format court « Bloqué », cultissime, intégralement disponible sur YouTube et que je vous recommande à l’aise.

8 commentaires sur “« You » – ou voyage dans l’esprit d’un fou amoureux

  1. Coucou! J’ai adoré cette série, je l’ai regardé en moins de 2 jours je ne pouvais pas m’arrêter ! J’attends la saison 2 avec impatience!

    0
  2. Non mais cette série quoi! Je l’ai regardé par curiosité, je l’ai trouvé longue, je l’ai trouvé intrigante et j’ai trouvé la fin surprenante. Pas sur de regardé la saison deux et en même temps je voudrais en savoir plus lol

    0

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *